Lutte contre le VIH/SIDA : les membres du PCPA ne sont pas restés en marge

Photo de famille des agents de l'ACBEF avant d'aller sensibiliser les élèves
Photo de famille des agents de l’ACBEF avant d’aller sensibiliser les élèves

Instituée en 1988 lors du Sommet des ministres de la Santé sur les programmes de prévention du sida, la Journée mondiale de lutte contre le sida s’inscrit dans la stratégie mondiale de l’ONU Sida 2016-2021 qui a pour objectif d’accélérer la riposte pour mettre fin à l’épidémie de sida en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030, en permettant à tous de vivre en bonne santé et en veillant à promouvoir le bien-être de tous à tout âge. 

Elle est organisée chaque 1er décembre, permettant ainsi à de nombreux acteurs de se mobiliser pour mener des actions d’information, de prévention et de sensibilisation pour lutter contre le VIH/SIDA, mais aussi de montrer l’importance d’apporter un soutien aux personnes vivant avec la maladie.

Alors que 38 millions (source ONUSIDA) de personnes vivent avec le VIH dans le monde, cette année, un accent a été mis sur l’éradication urgente des inégalités qui alimentent l’épidémie de sida et d’autres pandémies à travers le monde.

Dans ce même élan, certains membres du PCPA se sont mobilisés pour agir dans les établissements scolaires à Pointe Noire et à Dolisie.

A Pointe Noire du 1er au 3 décembre 2021 : l’Association congolaise pour le bien-être familial (ACBEF) en partenariat avec Congo Terminal a organisé trois jours d’actions respectivement aux lycée et Collège d’enseignement général (CEG) 30 mars 1970 de Tié-Tié, au Lycée technique et commercial de l’OCH et au Collège d’enseignement technique féminin TAMBOU Madeleine.

Au cours de ces 3 jours, 1944 élèves ont été sensibilisés, dont 600 ayant bénéficié de la gratuité d’un examen de laboratoire au choix pour connaitre leur statut sérologique. Au total, 300 tests de dépistage du VIH et 300 prélèvements vaginaux et urinaire ont été réalisés au profit des élèves de ces quatre établissements scolaires.

A Dolisie le 10 décembre 2021, le Réseau des Acteurs du Volontariat et de la Solidarité Internationale (RAVSI) a mené une action de sensibilisation au CEG de Louvakou sur les conséquences des grossesses précoces et/ou non-désirées, les Infections sexuellement transmissibles (IST) et le virus du Sida. 107 élèves de la 5e à la 3e ont été sensibilisés.

Les membres du RAVSI en pleine sensibilisation au CEG de Louvakou

Il faut signifier qu’en 2020, selon l’OMS, 7500 nouveaux cas ont été enregistrés chez les personnes de 15 à 49 ans, sur les 89.000 personnes vivant avec le VIH en République du Congo.

Des projections débats au cœur du Festival ALIMENTERRE pour promouvoir l’agriculture à Makoua

Du 29 au 30 novembre 2021 à Makoua, 4 projections débats ont été organisés dans le cadre de la réalisation de la première édition du Festival ALIMENTERRE dans la ville lumière.

La cérémonie d’ouverture officielle du festival s’est faite dans la salle des conférences du Centre culturel de Makoua, sous la direction du Sous-préfet de Makoua, Jérôme OKO qui, dans son mot de circonstance a salué l’initiative et invité les participants « à s’impliquer pleinement et à enrichir les débats (…) afin que ce festival puisse contribuer réellement à augmenter le rendement agricole de Makoua et changer les habitudes alimentaires pour améliorer nos états de santé ».

Le Coordonnateur d’AJAMO et du comité d’organisation Patrick Juvet OLEBAKA a présenté le chemin parcouru pour aboutir à ce jour tant attendu. Il a remercié tous les acteurs ayant contribué à la préparation de cette première édition et a salué la présence de tous. Le présidium de la cérémonie d’ouverture a été complété par Eugène NGAKOSSO, Secrétaire Général de la Mairie de Makoua.

Pendant les deux jours, les participants ont suivi tour à tour la projection de films sélectionnés pour la circonstance par le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI), initiateur de ce festival. Il s’est agit de « l’Arbre providence » ; «  le paradoxe de la faim » ; et « sur le champ ! ». Ces trois films ont permis aux uns et aux autres de découvrir l’expérience de producteurs des autres pays tant d’Europe que d’Afrique.

Des échanges fructueux ont eu lieu, et des orientations et des résolutions ont été prises en fonction des réalités locales. Un autre moment fort au cours de ce festival a été la visite du collège d’enseignement technique et lycée agricole de Makoua.

Le proviseur Ambouli-Don-Opani, a présenté l’utilité d’échanger avec les élèves. Il a voulu marqué un trait d’union entre ces élèves évoluant dans un établissement technique et agricole et les producteurs et groupements agricoles de la localité. La projection du film « sur le champ ! » a été le point d’entrée des échanges. Film très apprécié par les élèves qui l’ont redemandé et ont profité pour faire savoir leur besoin pour ce type de rencontres.

Dans cette optique, les élus locaux et les producteurs ayant participé à cette première édition ont pris l’engagement de pérenniser l’événement en l’organisant chaque année, comme c’est déjà le cas en France et dans d’autres pays.

Pour cela, ils ont invité les organisateurs de la première édition à mettre en place très rapidement un comité préparatif de la prochaine édition qui devrait impliquer plus d’acteurs.

Au total 120 personnes ont pris part à ses échanges, dont 95 élèves et enseignants du lycée agricole de Makoua.

Grande première à Makoua : Organisation d’un Festival ALIMENTERRE par AJAMO

Dans le cadre de la 15e édition du Festival ALIMENTERRE, l’Association Jeunesse Active de Makoua-Opa (AJAMO) a organisé plusieurs activités réunissant des acteurs préoccupés par les questions alimentaires du département, du 27 au 30 novembre 2021, à Makoua.

Ce Festival s’inscrit dans un programme porté par le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI). Il sensibilise le grand public sur les enjeux de l’alimentation et de l’agriculture dans le monde, et propose des pistes d’actions concrètes pour contribuer au droit à l’alimentation. Cette année, plus de 1 400 projections-débats ont eu lieu dans des cinémas, des maisons de jeunes, des lycées, maisons communales, etc.

Pendant 4 jours, producteurs, pouvoirs publics, élèves et enseignants du complexe technique et agricole de Makoua ont mobilisé leurs énergies pour ne pas rester en marge de cet événement international qui se déroule simultanément en France, en Belgique, et dans plusieurs pays d’Afrique.

Avec pour objectif principal de promouvoir des modes de production et de consommation écologiques et durables, la première activité a démarré, le samedi 27 novembre avec la visite des groupements et coopératives des producteurs et maraichers (Terre Notre mère, Grâce à Dieu, Mbissi, et Avoumbou). Quatre structures ont été visitées, actives dans l’élevage de bœufs, le maraichage, l’élevage de poules et la production d’œufs.

Des productrices agricoles du groupement Avoumbou sur leur champs de maïs à Makoua

La journée du dimanche 28 novembre a été réservée à la dégustation des plats locaux, cuisinés sans ingrédients chimiques ni importés, dont des « légumes cuits à l’étouffée » : c’est une cuisson à basse température (inférieure à 70°) qui a l’avantage de conserver les minéraux, le bon goût des légumes / poissons et de permettre à l’aliment d’être très digeste.

« La Promotion de la consommation bio présente de nombreuses vertus thérapeutiques : notre santé et notre avenir dépendent de ce que nous consommons », rappelle Patrick Juvet Olébaka, membre du comité d’organisation du Festival à Makoua.

Enfin, pour entrer dans le vif du sujet qui est la sensibilisation du grand public par le biais de films documentaires, les 29 et 30 novembre ont été consacrés aux projection-débats de films sélectionnés cette année par le CFSI, en l’occurrence :

  • Le paradoxe de la faim
  • L’arbre providence
  • Sur le champ !

Au total 120 personnes y ont participé, à savoir : 87 élèves dont 35 filles, 08 enseignants du lycée agricole de Makoua, 09 pouvoirs publics, 03 élus locaux et 18 producteurs.

Plus d’un an après, les membres du comité de pilotage du PCPA se retrouvent

Après plus d’une année de rencontres virtuelles, le Comité de pilotage (copil) du programme concerté pluri-acteurs (PCPA), rassemblant organisations de la société civile (OSC) et pouvoirs publics congolais et français s’est retrouvé du 16 au 18 novembre 2021 pour la tenue de sa VIe session ordinaire.

Après avoir fait le point sur les contextes nationaux congolais et français marqués par la crise sanitaire due à la pandémie de la Covid-19 avec plusieurs conséquences dont la flambée des prix sur le marché des produits de première nécessité alors que les revenus stagnent , les membres du Copil ont longuement échangé sur l’Après-PCPA et ont défini les étapes relatives à la création d’une entité et surtout d’une structuration qui prendrait le relais.

Elle a connu la particularité d’être en présentiel pour les membres congolais venus de la Sangha, de la Cuvette, des Plateaux, du Niari, de Pointe Noire et de Brazzaville ainsi que la Responsable programme du Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) et en virtuel pour les membres français. 

A l’issue de ces débats, le COPIL a décidé d’organiser une consultation des dynamiques collectives pour recueillir leurs envies de rester ensemble et engagement individuel à construire l’Après PCPA.

Le comité de pilotage en visite au siège de la dynamique RAVSI

Outre ces travaux, le copil a également fait le bilan des activités (de la cellule exécutive) pour la période de juin à octobre 2021 ; Parmi lesquelles le suivi et l’accompagnement de la mise en œuvre de 19 projets menés en consortium, ainsi que 15 plans d’actions mis en œuvre par des dynamiques collectives soutenues par le Programme. 

Pour finir, le Comité de pilotage a amendé et adopté le calendrier des activités du Programme pour les sept prochains mois, ainsi que le relevé de conclusions de sa session.

Des nouvelles du projet sauvons le quartier lancé par la CTHA

Une année après leur lancement officiel, les activités du projet « Sauvons le quartier » vont bon train dans les ménages.

Pour rappel, ce projet a été lancé le 04 septembre 2020 par la Congolaise Terre des Hommes Association (CTHA) en partenariat avec la mairie de l’Arrondissement 1 Makélékélé (Brazzaville), pour promouvoir la résilience alimentaire à travers la vulgarisation du maraîchage, de la ferme et de la pisciculture à domicile.

En effet, alors que l’ensemble de la population était confiné en avril 2020 pour cause de la pandémie à corona virus, dans plusieurs foyers à faibles revenus, les familles ont dû faire face à la disette et aux maladies liées à une carence nutritionnelle.

Au départ, le projet considérait uniquement les habitants du quartier 101 (Centre Sportif), à condition de disposer d’assez d’espace dans son lieu de résidence, soit un minimum de 10m2 pour le potager, 6m2 pour l’élevage et 2m2 pour la pisciculture. Sur les 350 bénéficiaires recensés dans les trois zones que compte ce quartier, un an après voici les résultats :

Ce projet est, pour l’instant, réalisé sur fonds propres issus des cotisations des membres de CTHA. Pour démarrer leurs activités, des semences maraîchères, des animaux géniteurs, et/ou des alevins avaient été distribués, selon le choix d’activité des bénéficiaires. L’appui aux ménages variant entre 30 000 et 75 000 FCFA selon les besoins. Toutes ces activités sont accompagnées par un suivi technique sur le terrain, associant des formations à domicile. 

Les produits obtenus restent la propriété du ménage (œufs, légumes, lapereaux…) et sont vendus ou consommés directement par le ménage producteur. Près de 2.000 ménages sont encore en attente, dont 277 (soit 13,85%) enregistrés à Makélékélé. Dolisie est la ville renfermant le plus grand nombre de demandes en attente, comptant à elle seule 784 (soit 39,2 %) ménages. 

Avec le besoin actuel du fumier bio dans les parcelles, l’association mènent de nouvelles réflexions pour faciliter la fabrication de compost, de fumier et de charbon bio à partir des ordures ménagères dont la cendre constitue un bon amendement du sol.

Une vue de la pépinière d’épinard (c) CTHA

A cette fin la CTHA recherche d’autres fonds et continue de lancer un appel aux contributeurs de bonne volonté afin de les soutenir dans cette noble action. 

Tenue de la réunion collective des membres français du PCPA Congo

En général co-animées par un membre du Comité de Pilotage et la responsable programme, ces réunions permettent d’informer les membres des décisions prises lors des réunions du Comité de Pilotage, d’échanger sur des éléments de contexte et des activités en cours dans les territoires de mise en œuvre du PCPA.

Lors de cette réunion virtuelle du vendredi 14 octobre 2021, le point a été fait sur les chantiers en cours, les actualités échangées et surtout, les synergies possibles abordées entre membres français et dynamiques collectives soutenues par le Programme.

Ces synergies avaient déjà été abordées en juin 2021. Il s’agit de rapprocher les OSC et dynamiques travaillant sur une même thématique. Le CFSI et la Cellule Exécutive se tiennent à disposition pour faciliter les mises en relation.

Au total 22 représentants issus de 18 structures ont participé à la rencontre, dont 1 pouvoir public et Mathieu Paris, invité en tant que nouveau coordinateur de la plate-forme dette France.

Pour finir, un échange a eu lieu sur les OSC françaises ayant un volontaire au Congo ; c’est notamment le cas de 5  OSC membres : AEDH, Ecole de la Paix, ESSOR, les Scouts et Guides de France et Ensemble c’est po6ble dont les missions sont en réflexion pour un volontaire basé au Congo, tandis que Dimpa a accueilli une Congolaise en stage en France.

Appel à candidature pour l’animation d’ateliers d’écriture en gestion de projets

Depuis le 15 octobre 2021, le PCPA Congo a lancé un appel d’offre pour le recrutement d’un formateur en charge d’animer des ateliers d’écriture dans le cadre de la gestion du cycle de projets.

Ces ateliers d’écriture en gestions des projets se dérouleront dans 3 territoires d’implantation du PCPA Congo à savoir : Brazzaville, Dolisie et Ouesso. Ils s’adresseront aux membres des dynamiques collectives soutenues  et aux porteurs des consortiums travaillant sur le processus d’autonomisation de leurs structures, ainsi que, dans  les limites des places disponibles, aux OSC d’autres dynamiques collectives et consortiums, non financés par le  PCPA, mais souhaitant corser leur processus d’autonomisation.

Modalités de soumission :

Profil recherché

Le formateur recherché devra :  

  • Être titulaire d’un Bac + 5, de préférence en management et gestion des projets ; management associatif  et/ou développement local ou tout autre domaine en rapport avec le montage et production des projets de développement ;
  •  Avoir une connaissance approfondie de l’environnement sociologique et stratégique des bailleurs de  fonds reconnus en matière de coopération et d’aide publique au développement ; 
  •  Dans la mesure où les participants à l’atelier d’écriture sont des membres de la société civile congolaise,  la connaissance de cette société civile congolaise par les candidats serait un atout supplémentaire ; 
  • Avoir une expérience avérée dans l’organisation et la facilitation des ateliers et/ou formations de  renforcement des capacités ; 
  •   Maitriser les méthodes et techniques de formations participatives ; 
  •  Être disponible pour animer des ateliers d’écriture à Brazzaville, comme à l’intérieur du pays aux dates  pressenties ; 
  •   Avoir les capacités rédactionnelles et communicationnelles nécessaires et être capables de mener des  formations en français ; la maitrise du Lingala et/ou Kituba sera appréciée ;  
  • Avoir réalisé des formations similaires sera une grande valeur ajoutée. 

Composition du dossier :

  • Une lettre de candidature à l’attention de Madame La Coordonnatrice de la Cellule exécutive du PCPA Congo ;
  • Un Curriculum Vitae détaillé du candidat mentionnant impérativement les différentes formations réalisées ou animées ainsi que les noms des clients qui en ont bénéficié ;
  • Une Copie du ou des diplômes les plus pertinents pour cette consultation ;
  • Une offre technique et financière, détaillant la méthodologie et le découpage proposé des sessions de formation.

Les dossiers de candidature sont à envoyer uniquement par mail au plus tard le 5 novembre 2021 avec pour objet : « consultant-atelier d’écriture en gestion des projets » simultanément aux trois adresses suivantes : rdcfpcpacongo@gmail.comcoordo_pcpacongo@yahoo.frfrey@cfsi.asso.fr

Bientôt un film pour valoriser le PCPA 

logo du PCPA Congo
logo du PCPA Congo

12 ans après le film les chemins de la concertation, le Programme concerté pluri-acteurs va produire un film-bilan, dans le cadre de ses activités de valorisation et de capitalisation. 

A cet effet, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé en juillet 2021 pour le recrutement d’un réalisateur, et l’équipe choisie en en octobre.

Le film racontera l’histoire d’une démarche collective de concertation à travers différents parcours d’associations et syndicats accompagnés, et donnera la parole aux membres d’OSC, à des personnes qui ont vu leur situation améliorée et aux pouvoirs publics impliqués dans la mise en œuvre de différentes initiatives.

Des acteurs qui ont « fait » le PCPA témoigneront afin que ressorte la marque de fabrique du PCPA : le faire-ensemble.

Le début du tournage est prévu au mois de décembre 2021, la première diffusion du film est fixée à avril 2022.

Nkayi : Des femmes autochtones fabriquent du savon local pour être autonomes

En République du Congo, les populations autochtones sont parmi les catégories les plus marginalisées. En effet, elles sont particulièrement pauvres, souffrent de discrimination et de difficultés d’accès aux droits fondamentaux (accès difficile aux services sociaux de base, à la terre et aux ressources, au développement, et à la protection).

Face à ces constats, l’Association pour la Protection des Droits des Peuples Autochtones et Personnes Vulnérables (APDPA-PV) en partenariat avec l’Association Routes Agriculture et Éleveurs du Congo (ARAEC), le Groupement des Femmes Autochtones de Nkayi (GFANK) et la Direction Départementale de la Promotion des Peuples Autochtones (DDPA) mettent en œuvre le projet d’autonomisation et droits humains (ADH) afin de contribuer à la consolidation de l’émancipation et l’amélioration des conditions de vies des Femmes et jeunes filles Autochtones de Nkayi.

Clin d’œil sur Nkayi

Située à environ 250 kilomètres de la capitale Brazzaville, Nkayi est l’une des villes principales du département de la Bouenza.  Dans cette localité, les populations autochtones se nourrissent essentiellement des produits de la chasse et de la cueillette. Les femmes et les filles occupent une place secondaire dans les instances de prise de décisions qui engagent la communauté, pourtant elles jouent un rôle déterminant au sein des familles dans la mesure où elles sont en charge non seulement des travaux domestiques et champêtres, mais aussi de l’éducation des enfants, et l’approvisionnement en nourriture.

La petite histoire de la fabrique de savon

Avec le réchauffement climatique et l’utilisation anarchique des ressources, les récoltes sont de moins en moins bonnes. Pour s’approvisionner en nourriture, les populations autochtones sont contraintes d’apporter un complément de revenus à leur famille afin de subsister dans les périodes plus difficiles. La pratique d’une activité génératrice de revenus (AGR) s’impose.

Un premier travail de consultation avait été mené auprès des populations autochtones. Parmi les différentes activités qui auraient pu être mises en œuvre, la fabrication de savon est celle qui a remporté l’adhésion de l’ensemble des femmes du groupement. En effet, c’est une activité pratiquée individuellement et qui ne nécessite pas de posséder des connaissances techniques très particulières.   

C’est ainsi que, dans le cadre de l’appui à leur autonomisation, le projet d’autonomisation et droits humains (ADH) a mis en place un dispositif répondant à ce besoin au sein du village de Tsiaki.

En plus de leur permettre de prendre connaissance de leurs droits, et de suivre des cours d’alphabétisation, les femmes du groupement sont formées à la fabrication et la vente de savon local communément appelé (boulé-boulé), en appliquant une méthodologie basée sur l’approche « Apprendre pour maîtriser et transmettre ».

L’objectif global était celui de former 100 femmes afin de les regrouper en coopératives. 34 femmes ont reçu une formation de formateur au siège de l’association. Ces dernières ont procédé à la formation par les paires du groupe de femmes restant.

Pour assurer le bon fonctionnement de la savonnerie, le groupement des femmes et filles autochtones a mis en place un comité de gestion qui réalise suivi régulier de l’activité. Les recettes résultant des premières ventes ont permis aux femmes de se réapprovisionner en matières premières et continuer ainsi à la fabrication de nouveaux savons. 300 savons grand format et 605 savons petits formats ont été produits en un mois.

Les femmes et filles autochtones de Nkayi ont souhaité satisfaire dans un premier temps la demande locale, mais elles restent optimistes quant-à la question d’étendre leurs ventes au-delà des villages environnants.

Témoignage de Kongo Augustine, porte-parole et gestionnaire de la savonnerie du groupement femmes Autochtones de Nkayi (GFANK) « La création de cette unité a été bénéfique aux femmes et filles Autochtones. Avant ce projet, pour avoir du savon cela nécessitait de grands efforts car  pour nous il faut travailler au champ d’un particulier, attendre qu’on te paie ; Ce n’est qu’après cela que tu peux faire le marché pour nourrir ta famille. Souvent il arrivait qu’on oublie d’acheter le savon. Les bantous nous critiquent et disent de nous que nous sommes sales. Depuis le démarrage de cette activité, nos maisons sont devenues propres (les habits, la vaisselle) ». 

Insertion scolaire : l’APSDC accompagne les enfants vivant avec troubles

Trouble envahissant du comportement, l’autisme est encore peu connu au Congo. La première journée de sensibilisation à l’autisme au Congo n’a eu lieu qu’en 2015. Beaucoup de familles associent encore l’autisme à des origines mystiques. Incompris, les enfants vivant avec ce handicap sont exclus par leurs familles, dans les quartiers et à l’école, parce qu’ils ne peuvent pas avancer comme les autres. Pourtant, les capacités intellectuelles ne sont pas toujours affectées, et quand cela est le cas, quelques-uns d’entre eux voient leurs comportements s’améliorer, regagnent ou poursuivent leur cursus scolaire, et sont économiquement réinsérés. 

Malheureusement très peu sont pris en charge et orientés vers les quelques rares services habilités existants, certains vivent dans le pire des cas, en « étant abandonnés, enfermés, enchaînés » et d’autres sont même tués. Pour en savoir plus sur les processus de prise en charge, nous avons interviewé sœur Ida Pélagie Louvouandou, coordonnatrice de l’école Case Dominique, une des rares structures d’accueil des enfants à troubles autistiques au Congo, appartenant à l’Association des petites sœurs dominicaines.

La lettre du PCPA Congo (LPC) : Depuis combien d’année et pourquoi a été créée votre école ?

Sr Ida : la Case Dominique est créée en mars 2000. L’école s’est engagée à la détraumatisation des élèves et à la scolarisation des élèves allant de 3 à 25 ans ne pouvant plus intégrer les écoles formelles pour des raisons de retard scolaires ou de maladies. Dans sa mission, elle se déploie à leur redonner confiance, les former, les accompagner dans leur autonomisation et leur insertion.

La lettre du PCPA Congo (LPC) : Combien d’enfants sont pris en charge au sein de votre structure ?

Sr Ida : 325 élèves dont 138 filles, sont actuellement scolarisés à la Case Dominique, alors que la capacité d’accueil est de 300 places. le constat est que quand ces enfants sont reçus ils peuvent avancer, se développer avec un accompagnement, un appui et un travail individualisé.

La lettre du PCPA Congo (LPC) : combien de personnes sont impliquées dans l’école et pour combien de classe ?

Sr Ida : Au total nous avons 16 enseignants dont 5 émargeant à la fonction publique, ainsi que 8 autres acteurs bénévoles.

La lettre du PCPA Congo (LPC) : Quels sont les types d’enfants qui peuvent être accueillis à la case Dominique ?

Sr Ida : En plus des enfants traumatisés, retardés, ou décrocheurs scolaires, nous recevons également les enfants avec différents profils. On peut citer : les trisomies, les troubles du spectre autistique, les troubles envahissants du développement, les troubles du déficit de l’attention, les troubles dys, la micro et macrocéphalie, handicap physique et tout autre trouble envahissant non identifié (TNI).

En effet, la condition d’admission est en réalité la présence d’un problème qui met l’enfant en dehors du circuit de l’école formelle. Les parents doivent fournir le dossier médical, le dossier scolaire, deux photos, un extrait d’acte de naissance.

La lettre du PCPA Congo (LPC) : Est-ce le même traitement de scolarisation pour tous les enfants autistes ?

Sr Ida : Les élèves autistes sont scolarisés en tenant compte de la situation particulière de chacun et suivant le plan d’intervention établi. Ils sont souvent en inclusion et quelques-uns bénéficient d’une prise en charge très individuelle. 

Il s’agit en fait d’un processus qui débute par la stabilisation de l’enfant pour qu’il retrouve sa routine, puis par une acquisition des mécanismes fondamentaux d’apprentissage. Après cela, l’enfant commence à acquérir des mécanismes d’attention et peut aller en préscolarisation. Ce circuit n’est pas obligatoire car tout dépend de la situation particulière de l’enfant et de l’évolution de ses compétences. 

La lettre du PCPA Congo (LPC) : Dans la pratique, cela ressemble à quoi ?

Sr Ida : La classe de l’acquisition des mécanismes d’apprentissage montre à l’enfant comment s’assoir pour suivre et comprendre ce que l’on dit, et comment développer le sens de l’observation. En tout cas, ces classes ne sont pas théoriques, ce sont des activités qui obligent l’enfant à s’asseoir et à se concentrer, des activités qui montrent à l’enfant comment procéder pour mieux se tenir.

La classe lente désigne un programme de Cours préparatoires très lent où on s’occupe de l’avancement de l’enfant que l’on suit avec précision donc quand il n’avance pas on n’avance pas non plus.

Et dans une classe il peut y avoir plusieurs niveaux. C’est celui qui enseigne les enfants qui sait classer chacun d’eux dans le niveau correspondant. Il y a un accompagnement particulier pour chaque enfant.

Toutes les classes sont divisées en trois voire quatre niveaux (en fonction de la demande) :

  • Le niveau jeune en primaire (J1/J2/J3/J4)
  • Le niveau technique (T1/ T2/ T3/T4) : à partir de 16 à 17 ans.
  • Le niveau adulte (A 1/ A2/ A3/A4).

La lettre du PCPA Congo (LPC) : Lorsque vous parlez d’insertion sociale ou professionnelle à quoi faites-vous allusion ? 

Sr Ida : Nous formons ces enfants à l’apprentissage d’un métier. Comme activité à l’école il y a la broderie, la cuisine, la couture, la perlerie, le jardinage, la restauration, la pâtisserie. Il y a aussi des ateliers d’électricité, de soudure, de mécanique. Tous les ateliers ne sont pas sur place ici à la Case Dominique. Parfois on travaille avec des ateliers hors de l’école, c’est le cas par exemple de Don Bosco ou encore de certains maitres-artisans de la place principalement pour la mécanique et la soudure parce que nous n’avons pas le matériel adéquat.

La soeur Ida au restaurant de la case dominique

La classe finale correspond à la 6ème ou la 5ème de l’école formelle. C’est la dernière classe disponible à la Case Dominique. Certains parents nous demandent de faire reprendre la classe de 6ème à leurs enfants encore et encore car ils ne savent pas où ils peuvent le placer à défaut de rester à la maison. L’école est un des seuls endroits où ils se sentent utiles et valorisés, c’est pourquoi nous souhaitons ajouter des niveaux de classes, jusqu’à arriver en 3ème.

La lettre du PCPA Congo (LPC) : Comment sont financées les activités de l’école ?

Sr Ida : La Case Dominique vit spécialement des dons et de quelques participations des parents. Cela ne suffit malheureusement pas. Nous faisons tout notre possible pour pouvoir accueillir plus d’enfants qui traînent à la maison. Nous avons besoin de plus de soutien.

 La lettre du PCPA Congo (LPC) : Quel est votre mot de la fin ?

Sr Ida : Tout d’abord je tenais à vous remercier d’être passé nous rendre visite. Nous savons que ce que nous faisons n’est pas vain. Il y a une réelle joie de voir que ces enfants ont pu franchir une autre étape dans leur mode de vie en devenant autonomes. Par exemple, dans l’atelier cuisine, il y a une ancienne apprenante qui est devenue monitrice.

Si tout se passe bien, très prochainement, nous pourrons ouvrir un autre centre vers Bacongo où nous avons constaté que la demande est très forte.