Deux membres du PCPA désormais à la Commission nationale de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques (CNTR)

Le vendredi 2 octobre 2020, Paul Kampakol et Samuel Nsikabaka représentant respectivement le Forum des Jeunes Entreprises du Congo (FJEC) et la Fondation NIOSI, ont prêté serment devant la Cour d’appel de Brazzaville dans le cadre de leur prise de fonctions en qualité de membres de la Commission nationale de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques (CNTR) en tant que membres de la société civile.

Les deux membres du Programme Concerté Pluri Acteurs Congo avaient été nommés en décembre 2019 par décret présidentiel, sur proposition du conseil consultatif de la société civile et des ONG, en raison de leur expérience au sein de la plateforme Dette et Développement[1]. La durée de leur mandat est de quatre ans, non renouvelable, et cette fonction les astreint à une obligation de discrétion et de réserve pendant et après l’exercice de leurs fonctions.

Une vue des membres de la commission faisant la queue avant avant la prestation de serment

Cette commission créée par la loi n°18-2019 du 24 mai 2019 se veut un « organe indépendant, » doté d’une personnalité morale et d’une autonomie financière. Ses missions sont, entre autres de veiller à la stricte application du code relatif à la transparence et à la responsabilité dans la gestion des finances publiques ; recueillir et diffuser les meilleures pratiques en la matière ; requérir toute expertise pour la validation des informations relatives aux recettes et aux dépenses publiques. La commission peut aussi entreprendre des études, des analyses et des diagnostics sur la gestion des finances publiques et diligenter toute enquête en cas de violation de transparence et de la responsabilité dans la gestion des finances publiques.

Pour le président de la Cour d’appel, « il n’est pas question de rivalités ni de double emploi, car la CNTR viendra appuyer la Haute autorité de lutte contre la corruption, la concussion et les infractions assimilées », dont les membres avaient prêté serment le 27 juillet 2020, devant cette même Cour. Pour rappel, c’est en janvier 2020 que le Fonds Monétaire International (FMI) avait demandé lors des négociations avec les autorités congolaises de poursuivre le renforcement et la mise en œuvre du cadre de lutte contre la corruption et de faire en sorte que la participation de la société civile à cette nouvelle instance deviennent pleinement opérationnelles.[2] Cette cérémonie de prestation de serment est un aboutissement qui devrait en principe rassurer les membres de la société civile congolaise longtemps restés sur leurs gardes quant à ces questions de transparence.


[2] https://www.imf.org/fr/News/Articles/2020/01/24/pr2016-republic-of-congo-imf-executive-board-concludes-2019-article-iv-consultation

[1] Financé par l’Union européenne, la plateforme dette et développement du Congo est bénéficiaire du projet de suivi et évaluation de la dette publique en république du Congo, porté par le Conseil de concertation des ONG de développement (CCOD), un membre du PCPA Congo.

La CTHA lance l’initiative « sauvons le quartier »

Alors que l’ensemble de la population était confiné, dans plusieurs foyers à faibles revenus, les femmes elles, devaient sortir les jours de marchés pour se procurer de quoi nourrir leur famille. La rareté des denrées alimentaires sur le marché, et la non circulation des transports interurbains, avaient occasionnés une flambée des prix des marchandises. Cette situation a plongé les ménages dans le désarroi, face à la disette et aux maladies liées à une carence nutritionnelle.

Ces moments difficiles ont poussé la Congolaise Terre des Hommes Association (CTHA) à réfléchir sur une alternative pouvant permettre aux ménages d’avoir, tant soit peu des réserves alimentaires sans pour autant quitter le domicile familial.

Après plusieurs démarches entreprises auprès des responsables du quartier 101 (Centre Sportif) de l’Arrondissement 1 Makélékélé de Brazzaville, c’est ce 04 septembre 2020, que la CTHA a lancé officiellement les activités du projet « Sauvons le quartier ». 

Vue de quelques pépinières destinées aux bénéficiaires

Ayant un double objectif, il consiste en la promotion de la résilience alimentaire à travers la vulgarisation du maraîchage, de la ferme et de la pisciculture à domicile, mais aussi celles des mesures barrières à travers la sensibilisation des populations dans le quartier. Pour démarrer leurs activités, des semences maraîchères, des animaux géniteurs, ou des alevins seront distribués, selon le choix d’activité des bénéficiaires.

Toutes ces activités seront appuyées par un suivi technique sur le terrain en associant des formations à domicile.

Pour cette phase pilote, 350 bénéficiaires ont été recensés dans les trois zones que compte le quartier 101. La condition d’éligibilité était de disposer d’espace dans son lieu de résidence, soit un minimum de 10m2 pour le potager, 6m2 pour l’élevage et 2m2 pour la pisciculture.

Le projet initié est lancé avec les fonds propres issus des cotisations de ses membres, de ce fait, la CTHA lance un appel aux contributeurs afin de le mener à bien, avec pour vision à long terme d’étendre sa réalisation dans les différentes parties du pays où elle est implantée, notamment dans les autres quartiers de Brazzaville, à Dolisie, Makoua, Pointe-Noire, Ouesso et Oyo.

Sensibilisation Covid-19 : l’association ENCRED plus près des populations de Madibou

Une vendeuse en train de porter correctement son masque après avoir été sensibilisée au marché de Madibou

Si l’heure n’est plus à empêcher l’arrivée de la Covid-19 en République du Congo, la priorité est désormais de limiter sa propagation, en respectant les mesures barrières.

C’est dans cette optique que les membres de l’association Enfance créatrice de développement (ENCRED) ont organisé une campagne de sensibilisation sur les mesures barrières à la Covid-19 ainsi que la distribution des masques locaux dans le marché communautaire de Madibou, en partenariat avec la Coordination nationale des organisations de la société civile pour l’accompagnement de la riposte au Covid-19 (Cnar-covid-19).

La coordination a choisi les marchés de proximité, qui connaissent une forte affluence. De plus, les marchés de proximité sont peu  visités par les pouvoirs publics, et donc ses usagers sont susceptibles d’abandonner ou d’ignorer le respect des mesures barrières.

Une mention spéciale a été accordée à la sensibilisation sur le port correct du masque, ainsi que son nettoyage avant toute réutilisation. Les personnes portant un masque à usage unique ont également été sensibilisées, afin qu’elles ne les utilisent pas au-delà de la limite de temps conseillé, ni ne les réutilisent. Le message a été bien accueilli par la population, qui a surtout apprécié l’expression en langues locales.

Sensibilisation Covid-19 : l’Union des Syndicats du Congo (USC) appuie les femmes de ménage

Plus les jours passent, plus le nombre de contaminations de type communautaire ne cesse de croître en République du Congo. Le personnel domestique étant particulièrement exposé à la maladie, du fait que la plupart a la charge de nettoyer des surfaces et ou vêtements potentiellement infectés, ou encore de prendre soin des personnes âgées, voire vulnérables.

Pour l’USC qui a récemment accompagné les femmes de ménage à se structurer en association, il était capital de les appuyer dans la mise en œuvre d’une campagne de proximité pour la sensibilisation contre la Covid-19.

Pour ce faire, elle a organisé le 02 août dernier, un atelier de sensibilisation aux mesures barrières, auprès d’un échantillon des membres de l’Association professionnelle du personnel domestique du Congo (APPDC). Un lot de 400 masques et brochures reçu de la Coordination des organisations de la société civile (Cnar-Covid19), contenant des instructions de lutte contre la pandémie ont été remis à ces dernières afin qu’elles sensibilisent à leur tour les personnes sur leur lieu de travail, et en famille, de telle sorte que chacune prenne des dispositions pour éviter la propagation de la maladie.

Anne Marie Nzila remettant un lot de masque à la représentante des femmes de ménage

Au-delà de cet atelier, au cours de la première phase de la campagne qui s’est déroulée du 02 au 10 aout 2020, 300 femmes issues des arrondissements 1 Makélékélé, 3 Poto-poto, 4 Moungali et 9 Djiri ont été recensées. Elles ont par la suite pris le relais en sensibilisant le maximum de personnes concernées par la profession.

L’enregistrement des prochaines bénéficiaires est en cours, en vue d’une deuxième phase de sensibilisation, en septembre 2020.

L’USC déplore la non-prise en compte jusqu’à lors des femmes et hommes de ménage parmi les personnes vulnérables à prendre en charge par le Ministère des Affaires sociales et de l’action humanitaire.

Pour rappel, l’USC avait saisi le cabinet du Premier ministre par courrier dès le 18 mai 2020, courrier réceptionné, demandant de ne pas oublier de prendre en charge les femmes de ménages, car nombreuses d’entre elles ont perdu leur travail à cause de la Covid-19.

PISCCA 2020 : 5 membres du PCPA parmi les lauréats

Il y a quelques mois, le Service de Coopération et d’Action culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France lançait un appel à projets innovants des Sociétés civiles et Coalitions d’Acteurs (PISCCA). Sur une centaine de candidatures reçues par le SCAC, une vingtaine a été présélectionnée et présentée à un comité de sélection indépendant qui les a minutieusement analysé, avant d’en retenir 14.

Le PISCCA est un programme qui vise le renforcement, la structuration et la professionnalisation des organisations de la société civile (OSC).

Les projets éligibles à ce financement de projets vont agir dans une ou plusieurs des thématiques suivantes :

  • Accès aux services sociaux de base dans les régions rurales et urbaines marginalisées, en particulier, en matière d’éducation et de santé ;
  • Création d’activité économique concourant au développement local et inclusif, notamment en zones rurales délaissées ;
  • Sensibilisation et contribution au dialogue politique sur l’accès aux services sociaux précités, au respect des droits humains et à la promotion de la citoyenneté.

Grâce aux diverses activités de renforcement de capacités organisés par le PCPA, et aux valeurs que véhiculent le Programme, ses membres ont continué à s’intéresser davantage à ce type de thématiques, et nombreux en ont fait leur cheval de bataille. Après plus de 10 ans de faire ensemble, ils sont pour le mieux outillés. Pour cette édition 2020, 5 OSC membres du PCPA Congo figurent parmi les lauréats. Il s’agit de :  

  • L’Association des Petites Sœurs Dominicaines au Congo ( APSDC) – Case Dominique pour le projet intitulé : « Prise en charge holistique des enfants vivant avec troubles envahissants de développement (TED) et troubles à spectre autistique (TSA) et de formation des acteurs éducatifs à Brazzaville »
  • Le Réseau des Intervenants sur le Phénomène des Enfants en Rupture (REIPER) pour le projet intitulé : « Promotion et mise en œuvre des droits des enfants en conflit avec la loi en République du Congo » dans la ville de Dolisie.
  • Association Congolaise pour le Développement Agricole (AGRIDEV) pour le projet intitulé : « Projet d’amélioration et de renforcement des conditions de vies des populations agricoles vulnérables des districts de Goma Tsé-Tsé et de l’île M’Bamou dans un contexte post-conflit et post-Covid19 »
  • L’association Azur Développement (Azur dév) pour le projet intitulé : « Renforcement du leadership féminin dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles » à Loutété, Madingou et Nkayi.
  • L’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) pour le projet intitulé : « Promotion de la participation citoyenne et communautaire des populations ».

Afin de permettre aux porteurs de projet de mener convenablement leurs activités, et de maitriser les outils du SCAC en termes de budget et de rapports, le SCAC a par ailleurs organisé une formation en gestion du cycle de projet pour tous lauréats. Cette formation a été confiée à l’ONG internationale GRET sur appel d’offre.

Pour rappel, le REIPER et l’association AZUR DEV ont également été lauréat de l’édition précédente des PISCCA ayant couvert la période 2018-2019.

La société civile congolaise à la rescousse dans la lutte contre la Covid-19

Depuis l’apparition des premiers cas de Covid-19 en République du Congo, les organisations de la société civile ont été très engagées dans la riposte à cette maladie, bien qu’agissant de manière informelle. Nous avons par ailleurs réalisé une synthèse des activités de nos membres que vous pouvez retrouver via : https://pcpacongo.files.wordpress.com/2020/07/vf-synthc3a8se-activitc3a9s-des-membres-du-pcpa-congo-pendant-la-periode-covid-19.pdf

Pour répondre de façon officielle et concertée à l’appel du président de la République qui avait voulu que les organisations de la société civile s’engagent dans la lutte contre le coronavirus notamment en matière de sensibilisation, une coordination de riposte regroupant plusieurs associations (membres et non membres du Programme) a été mise en place, sous l’impulsion du Conseil consultatif de la société civile et des organisations non gouvernementale (CCSCONG). Sur proposition de ses pairs, Paul Kampakol, Secrétaire général du Forum des jeunes entreprises du Congo (FJEC), membre du PCPA Congo, a été désigné pour être à la tête de cette coordination.

Dans la précédente parution de notre newsletter, nous parlions de la participation de nos membres à la gouvernance de cette plateforme. Deux mois après sa création, plusieurs actions ont été réalisées, les plus récentes étant : la signature d’un accord de partenariat avec le CCSCONG et la formation des syndicats des transporteurs aux gestes barrières.

Paul Kampakol et Cephas Ewangui lors de la signature de l'accord de partenariat
Paul Kampakol et Cephas Ewangui lors de la signature de l’accord de partenariat

Grâce à la signature de l’accord de partenariat, la coordination a bénéficié d’une importante dotation de matériel de sensibilisation (affiches, mégaphones…) ainsi que de dix mille bavettes et une enveloppe financière destinée à prendre en charge les besoins de fonctionnement de la  Coordination des organisations de la société civile pour l’accompagnement de la riposte à la Covid-19 (Cnar-covid-19).

Nous avons pu mener une interview[1] avec le coordonnateur de la Cnar-covid-19 et recueillir de plus amples informations sur la démarche utilisée ainsi que les grandes activités qui sont prévues dans les jours à venir, dans le cadre de ladite riposte.

Paul kampakol dans son bureau
Paul kampakol dans son bureau

Paul Kampakol a déploré le fait qu’il n’y ait pas eu grand changement, quant à la prise en charge des nouveaux vulnérables, alors que plusieurs propositions ont été suggérées par la coordination au ministère des Affaires sociales et de l’action humanitaire.

Pour finir, il a adressé un message à l’endroit des membres de la société civile, les invitant « à prendre conscience, à continuer à être aux côtés de la population, et à être crédible. »


 [1] Propos recueillis le 1er juillet 2020

Sensibilisation Covid-19 : 27 membres de l’ACBEF bientôt déployés dans les quartiers périphériques de Pointe Noire

L’Association Congolaise pour le Bien-Être Familial (ACBEF), a organisé le 27 juin 2020 à Pointe  Noire dans la salle de réunion de l’hôpital de base de Tié-Tié, une formation  des formateurs à l’endroit de ses membres, sur les bons gestes à adopter en période de Covid-19.

Organisée pour accompagner la mise en œuvre de la stratégie dite avancée de l’ACBEF qui consiste à délocaliser ses prestations  pour être plus proche de la population, cette formation  a connu  la participation de 27 personnes dont 16 membres volontaires et 11 salariés des cliniques de l’ACBEF, personnels soignant et non soignant confondus.

Eu égard du déconfinement et de l’ampleur que prend l’épidémie, Il s’est agi de faire un état des lieux sur l’évolution de la Covid-19, au Congo et dans le monde en général, et à Pointe Noire  en particulier. Les notions suivantes ont été abordées :

  • Définition des cas
  • Surveillance épidémiologique dans un district sanitaire : attentes de la communauté (ONG)
  • Prévention et contrôle des infections
  • Conduite à tenir en face d’un cas confirmé de Covid-19 dans la communauté.

Dans les jours qui suivront, le personnel et les membres volontaires de l’antenne ACBEF Pointe Noire vont se déployer dans les quartiers périphériques de la ville pour assurer à la fois la sensibilisation à la Covid-19 et offrir des services de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR) aux populations vulnérables qui ont désormais du mal à se rendre dans les cliniques à cause des difficultés liées au transport du fait de la pandémie de Covid-19.

Quelques images de l’activité :

Le CCOD a un nouveau président

Le 12 juin 2020, le Conseil de Concertation des ONG de Développement (CCOD), membre actif du PCPA Congo a tenu son Assemblée générale élective dans la salle du conseil du Forum des Jeunes Entreprises du Congo (FJEC) à Brazzaville.

IMG_20200708_115714 A l’issue des débats et des votes des 22 participants représentant 11 ONG, Jean Félix BATANTOU OUMBA communément appelé « Bajean » par ses pairs a accédé au poste de président pour un mandant de 2 ans renouvelable une fois.  A ses côtés, Mme Irma Blandine Nkounkou de la Société mutualiste des élèves étudiants et enseignants du Congo (SMEEC) assume la fonction de vice–présidente.

Bajean est le président de l’Association terre et village (ATV) également membre du PCPA Congo. Il succède à Paul Kampakol, secrétaire général du FJEC.

En appui à ce binôme, Clotaire Loubelo Nsiloulou et Florent Bizongo, respectivement secrétaire exécutif et assistant administratif et financier, tiennent la permanence du réseau.

Pour l’heure, deux défis majeurs guident leurs actions, à savoir :

  • Améliorer la participation des membres dans la réflexion stratégique et le paiement des cotisations statutaires ;
  • Implanter le CCOD sur toute l’étendue du territoire national.

Crée en 1993 avec seulement 8 associations membres, le CCOD en compte désormais 16. Les adhésions sont toujours ouvertes, et, pour l’heure, concernent essentiellement les OSC basées à Brazzaville.

En termes d’activités, le CCOD s’attelle depuis un certain temps déjà, au renforcement des capacités de ses membres à travers une série de formations sur le plan organisationnel et institutionnel, et gère également un projet important pour la Plate-forme Dette et Développement (PF2D), sur fonds européens.

Pour rappel, ladite plateforme a été mise en place en 2016 sous l’impulsion de membres du PCPA. Plusieurs membres du CCOD sont des membres actifs de la PF2D.

La journée internationale des veuves célébrée en différé au Congo

« Sauvons la veuve des pratiques ancestrales dégradantes », tel est le thème choisi cette année par le gouvernement pour célébrer la journée Internationale des Veuves au Congo.

Commémorée d’ordinaire le 23 juin de chaque année, la journée a été célébrée en différé le mercredi 1er juillet 2020 à Brazzaville, au siège de l’Association des Confédérations Episcopales de la Région Afrique Centrale (ACERAC), sous le haut patronage de la ministre des Affaires Sociales et de l’Action Humanitaire, Mme Antoinette Dinga Dzondo.

Pour l’occasion, trois communications ont été faites. Dans la première, la représentante des veuves, Me Rose Ntari-Kalafar a mis l’accent sur deux préoccupations majeures : la sensibilisation de l’opinion national sur les pratiques dégradantes subies par les veuves et la nécessité de promulguer la loi portant code de la famille, qui valorise davantage les droits de la veuve, qu’elle soit mariée à l’état civil ou non. Ces préoccupations ont été prises en compte par deux microprojets mis en œuvre dans le cadre du projet « agir ensemble pour la défense des droits des minorités et groupes vulnérables » cofinancé par l’Union Européenne et l’Agence Française de Développement. Cependant le sujet mérite d’avoir une plus grande portée nationale, d’où l’intérêt à travers cette journée de communiquer largement sur les sévices et injustices subies par la veuve du Congo.

La deuxième communication intitulée « La mort et les rites de veuvages » a été animée par M Christian Lia, Enseignant Chercheur, Chef de parcours Anthropologie et Art à la Faculté des Lettres Art et Science Humaines (FLASH). Elle a mis en évidence des thèmes tels que, les pratiques du veuvage dans différentes cultures y compris celles du Congo, la conception du mort et de la veuve, le mariage léviral et sororal (remariage forcé du conjoint survivant avec le frère ou la sœur du conjoint décédé). En conclusion, la communication tout en expliquant l’origine des pratiques, souligne que si auparavant elles avaient pour objectif de protéger la veuve et les siens de « la souillure » du mort et de l’abandon, aujourd’hui, les dérives sont telles que ces pratiques ne devraient plus être appliquées.

La troisième communication, « La protection juridique des veuves au Congo » a été faite par Virginie Sheryl Ndessabeka, juriste, Directrice Générale du Centre de Recherche, de l’Information et de la Documentation sur la Femme au Ministère de la Santé, de la femme, de la promotion de la femme et de l’intégration de la Femme au Développement, s’articulait sur les droits des veuves, notamment celui de refuser les rites dégradants, d’hériter de son mari et sur les démarches possibles pour faire prévaloir ses droits. En bref, « La veuve n’est pas un objet qu’on transporte d’un endroit à un autre et dont on fait ce qu’on veut ».

Après le visionnage d’un documentaire produit par l’Œuvre Notre Dame des Veufs et Orphelins du Congo (ONDVOC), une association membre du programme concerté pluri acteurs (PCPA) et portant l’intitulé de la cérémonie, madame la ministre des Affaires sociales et de l’Action Humanitaire, prenant la parole a interpellé la conscience des veuves en ces termes : « Le code existe, mais est-ce que sa promulgation va changer quelque chose si nous ne voulons pas que les choses changent, si nous avons peur ? ». Ce message fort est un appel aux femmes pour dépasser les traditions et faire elles-mêmes prévaloir leurs droits.

Notons que les veuves qui ont participé à cette journée se sont constituées en consortium composé de cinq OSC à savoir : ONDVOC, le Cercle Uni des Droits de l’Homme et Culture de Paix (CUDHOC) également membre du PCPA, l’Association des Veuves du Congo (AVC), l’Association Action Sociale et Développement (AASD) et l’Association Chrétienne des Veuves du Congo (ACVC).

Au terme de cette journée, Mme la ministre a remis à ces associations, un lot constitué de différents vivres et non-vivres à distribuer aux veuves en difficultés.

Quelques images de la journée :

La France à la rescousse du système sanitaire et social congolais

La France, via l’Agence française de développement (AFD) a mobilisé des ressources en urgence pour soutenir la mise en œuvre du plan de riposte congolais à la Covid-19 suite à un appel à aide des autorités congolaises dès le début du confinement, auprès de ses partenaires.

ambassadeur fr don covid 19
L’ambassadeur de France au Congo remettant un kit symbolique à la ministre des Affaires sociales et des actions humanitaires

Près de 600 millions de Francs CFA (910 000 €) en don ont été alloués pour renforcer les volets communication, prise en charge alimentaire et équipement en milieu hospitalier.

C’est le ministère des Affaires sociales qui a été mandaté pour procéder à la distribution des kits de prise en charge alimentaire aux personnes vulnérables ciblées à Brazzaville, à Pointe Noire, et dans le département du Pool. Le ministère de la Santé a quant à lui géré l’opération d’acquisition du matériel médical de première nécessité pour faire face à la pandémie.

Par ailleurs, 250 crieurs ont été recrutés dans les douze départements du Congo, pour la mise en œuvre de l’opération de communication sur les modes de contamination et les gestes barrières à la Covid -19.